Coefficient électricité 2027 : six passoires nîmoises sur dix sont concernées

En bref
Un arrêté du 19 août 2026 abaisse le coefficient de conversion de l'électricité de 1,9 à 1,7 au 1er janvier 2027. À Nîmes, 829 des 1 397 logements classés F ou G sont chauffés à l'électricité, soit 59,3 % des passoires de la ville.
Le texte, et la trajectoire qui le précède
Un arrêté du 19 août 2026 ramène de 1,9 à 1,7 le facteur de conversion de l'énergie finale en énergie primaire de l'électricité utilisé par le DPE. Application au 1er janvier 2027.
Ce chiffre n'a pas cessé de baisser. Il valait 2,58 jusqu'en 2021, puis 2,3, puis 1,9 depuis le 1er janvier 2026 : un arrêté du 13 août 2025 l'avait déjà abaissé. En six ans, il aura donc perdu un tiers de sa valeur.
Concrètement, le DPE ne compte pas l'électricité telle qu'elle sort du compteur : il la convertit en énergie primaire, celle qu'il a fallu mobiliser pour la produire. Ce coefficient est le taux de change entre les deux.
Nîmes, ville très électrifiée
L'effet local de cette réforme dépend entièrement de la composition du parc, et Nîmes présente un profil peu courant.
Sur les 49 134 diagnostics réalisés dans la commune, 25 185 portent sur des logements chauffés à l'électricité : 51,3 % du parc, soit plus d'un logement sur deux.
Cette proportion s'explique par le climat méridional, une saison de chauffe courte a longtemps rendu l'installation d'un réseau de gaz moins systématique, et par une production récente largement équipée en pompes à chaleur.
Six passoires sur dix concernées
La conséquence sur les mauvaises étiquettes est directe. Nîmes compte 1 397 logements classés F ou G, soit 2,8 % du parc : un taux déjà bas.
Parmi eux, 829 sont chauffés à l'électricité : 59,3 % des passoires nîmoises.
S'y ajoutent 2 000 logements électriques classés E, soit 48,4 % de toutes les classes E de la commune.
C'est la proportion la plus élevée que nous ayons mesurée. Là où d'autres villes verront la réforme n'effleurer qu'un quart de leur bas de tableau, Nîmes en verra la majorité concernée par le nouveau calcul.
Concerné ne veut pas dire reclassé
Une précision s'impose pour éviter tout malentendu. Ces 829 logements sont concernés par le nouveau calcul : cela ne signifie pas qu'ils changeront tous d'étiquette.
Une classe se détermine par rapport à des seuils. Un logement situé juste au-dessus d'une limite basculera ; un logement très en retrait n'en sortira pas.
À l'échelle nationale, la première baisse (de 2,3 à 1,9) a fait sortir environ 850 000 logements du statut de passoire, sur les 4,8 millions que comptait le parc de résidences principales au 1er janvier 2023. La seconde baisse est d'ampleur plus réduite, et son effet le sera également.
Ce que cela change pour un projet nîmois
Si vous êtes propriétaire d'un logement électrique classé F, G ou E, l'échéance mérite d'entrer dans votre calendrier.
Pour une location, l'enjeu est direct : les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location depuis le 1er janvier 2025, et les classés F le seront à compter du 1er janvier 2028. Un logement électrique proche du seuil peut sortir de cette contrainte sans travaux.
Pour une vente, une lettre gagnée peut faire sortir un bien de l'obligation d'audit énergétique applicable aux monopropriétés classées F ou G. Les conditions évoluent et se vérifient au moment de la mise en vente.
À noter que Nîmes applique par ailleurs un encadrement des loyers dans certains cas de figure : les règles locatives locales se vérifient à date.
Les limites, et la question qui reste entière
Une étiquette qui remonte ne fait pas baisser une facture. Le logement consomme la même chose le 2 janvier 2027 que la veille : seule sa note administrative bouge.
Ensuite, 40,7 % des passoires nîmoises restent hors champ : celles au gaz, au fioul ou sur réseau. Pour elles, l'échéance de 2028 approche sans qu'aucun texte ne vienne l'adoucir.
Enfin, une spécificité méridionale : dans une ville où la saison de chauffe est courte, l'inconfort se joue surtout l'été. Le confort d'été fait l'objet d'une évaluation distincte dans le diagnostic, qu'aucun coefficient de conversion ne modifie. Un logement qui remonte en E grâce à la réforme peut rester très difficile à vivre en août.
Trois réflexes avant de vendre ou de louer
Un. Ouvrez votre diagnostic et lisez la ligne « énergie de chauffage ». Électricité, vous êtes dans le champ du texte ; autre chose, vous n'y êtes pas. Il n'y a pas d'autre critère.
Deux. Si vous êtes concerné et que rien ne presse, inscrivez le 1er janvier 2027 dans votre calendrier et pensez à l'attestation gratuite. Si vous vendez maintenant, votre DPE actuel fait parfaitement l'affaire.
Trois. Complétez le dossier sans attendre la réforme : l'année de construction commande le constat plomb avant 1949, fréquent dans l'Écusson, et le repérage amiante avant juillet 1997. L'état parasitaire relatif aux termites est requis à Nîmes, et l'état des risques se vérifie par adresse, le ruissellement des cadereaux touchant de nombreux secteurs. Le dossier de vente complet se prépare en une visite.
Questions fréquentes
Pourquoi Nîmes est-elle autant concernée ?
Parce que 51,3 % de son parc est chauffé à l'électricité, une proportion inhabituelle liée au climat méridional et à une production récente équipée en pompes à chaleur. Résultat : 59,3 % des passoires nîmoises sont électriques.
Mon étiquette va-t-elle automatiquement s’améliorer ?
Pas automatiquement. Être concerné par le nouveau calcul ne signifie pas changer de classe : cela dépend de la position du logement par rapport aux seuils. Seuls les logements proches d'une limite basculeront.
Comment obtenir la nouvelle étiquette ?
À partir du 1er janvier 2027, une attestation officielle sera téléchargeable gratuitement sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME, pour les DPE réalisés entre le 1er juillet 2021 et le 31 décembre 2026. Aucun nouveau diagnostic n'est nécessaire.
Et si mon logement est au gaz ?
Rien ne change pour vous : le coefficient modifié ne s'applique qu'à l'électricité. À Nîmes, cela concerne 40,7 % des passoires, pour lesquelles seuls des travaux feront évoluer l'étiquette.
Sources officielles
- Service-Public.fr : Diagnostic de performance énergétique (DPE) · Obligations, validité et contenu du DPE.
- ADEME : Observatoire des DPE et audits · Statistiques publiques des DPE réalisés en France.
- Géorisques (ministère de la Transition écologique) · État des risques par adresse (inondation, argiles, termites, radon).
- Annuaire officiel des diagnostiqueurs certifiés · Vérifier la certification d'un diagnostiqueur.
Comment récupérer la nouvelle étiquette
La démarche a été pensée pour éviter aux propriétaires de repayer un diagnostic.
À partir du 1er janvier 2027, une attestation officielle de nouvelle étiquette se téléchargera gratuitement depuis l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME. Aucun passage de diagnostiqueur n'est nécessaire.
Sont visés les DPE établis entre le 1er juillet 2021 et le 31 décembre 2026. Le rapport initial n'est pas réécrit : l'attestation exprime le même relevé dans le nouveau calcul.
Cette attestation reste facultative : un DPE en cours de validité, dix ans, s'utilise en l'état. Les modalités se vérifient auprès de l'ADEME au moment de la démarche.